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 La TVA baisse,l'addition suit-elle?

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Guenièvre
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MessageSujet: La TVA baisse,l'addition suit-elle?   Mer 1 Juil - 9:34



A partir d’aujourd’hui, dans la restauration, la taxe passe de 19,6 à 5,5%. Le consommateur va-t-il en profiter? Enquête, place de la République à Paris.


Le projet de loi sur le tourisme a validé le passage à 5,5% du taux de TVA dans la restauration à compter du 1er juillet, contre 19,6%. (© AFP Eric Piermont)


Ils exhibent fièrement leurs stickers bleus et orange, annonçant la couleur : «La TVA baisse, les prix aussi». Mais en coulisses, certains restent sceptiques quant à l’impact sur la clientèle. Et rouspètent contre les contreparties (facultatives) négociées en échange de ce «cadeau fiscal» du gouvernement. Les hôtels, cafés et restaurants ne répercutent pas tous de la même façon la baisse de la TVA, de 19,6% à 5,5%, qui entre en vigueur aujourd’hui.

Selon une enquête du Synhorcat, deuxième organisation patronale de la profession, «80% des restaurateurs devraient baisser leurs prix». Une initiative prévue par le «contrat d’avenir», conclu le 29 avril entre le patronat et le gouvernement, qui prévoit une baisse de 11,8 % sur au moins sept des dix types de plats suivants : entrée, plat chaud, plat du jour, dessert, menu entrée-plat, menu plat-dessert, menu enfant, jus de fruits ou soda, eau minérale et café, thé ou infusion.

Les restaurateurs sont toutefois libres de respecter l’accord, de l’adapter ou de l’ignorer. La Direction générale de la concurrence, la consommation et la répression des fraudes (DGCCRF) ne sanctionnera que la publicité mensongère. Certains établissements, notamment des indépendants, proposent donc leurs propres formules, comme des ristournes de 5 % ou des réductions sur un seul menu et des boissons.

Ces réticences contrastent avec la surenchère de réductions à laquelle se livrent les chaînes de restaurants pour attirer le chaland. Ainsi, Hippopotamus répercute la baisse de la TVA sur une cinquantaine de produits tandis que les brasseries du groupe Flo réduisent les prix sur les huîtres, le foie gras ou le saumon fumé.

Côté social, le patronat s’est engagé à créer 40 000 emplois en deux ans. Léon de Bruxelles a aussi annoncé une revalorisation de 3 % de sa grille salariale. Et Buffalo Grill va augmenter de 4,5 % l’assiette de calcul de la rémunération des serveurs. «De la poudre aux yeux, juge Laurent Bigot, secrétaire général de la CFDT hôtellerie, tourisme restauration. Les négociations concernent seulement la grille des minima sociaux. Or, beaucoup de salariés se situent juste au-dessus», justifie-t-il, tout en regrettant l’absence des syndicats de salariés et des associations de consommateurs lors des négociations.

Face à de telles disparités, Libération a fait une enquête de voisinage, place de la République à Paris, petit échantillon représentatif de la restauration d’aujourd’hui (Mc Do, Léon de Bruxelles, Pizza Pino, la Brasserie Jenny...) pour savoir comment cette baisse de la TVA est répercutée dans nos assiettes.




Lagarde poursuivra les restaurateurs qui trichent sur les prix

Alors que la TVA à 5,5% dans la restauration sera mise en place demain mercredi, la ministre de l'Economie veut voir les prix baisser.

La ministre de l’Economie a prévenu, ce mardi, qu’elle n’hésiterait pas à poursuivre en justice les restaurateurs qui afficheraient des fausses baisses de prix, suite à la mise en place de la TVA à 5,5%, le 1er juillet.

S’ils placardent le panneau annonçant une baisse des prix «et que les prix n’ont pas baissé, alors là, j’ai une arme parce que le Code de la consommation, article L121.1, me donne le droit d’aller poursuivre sur la base d’informations trompeuses», a mis en garde Christine Lagarde, sur RTL. Bercy dispose d’ailleurs de 27.883 relevés de prix pour effectuer cette comparaison.

Interrogé sur le fait qu’elle pourrait utiliser cet outil pour attaquer les restaurateurs indélicats qui mentiraient sur la baisse des prix, la ministre a répondu tout de go: «Et comment que je vais le faire!»

«C’est un contrat qu’on a passé» avec les restaurateurs, a rappelé Lagarde, qui insiste sur une ligne de fermeté. «Il se trouve que je suis juriste et moi, les contrats j’y crois. Quand on s’engage d’un côté, [il faut] qu’on s’engage de l’autre. On a tenu la parole, il faut que les restaurateurs tiennent la leur. (...) Nous veillerons à ce que les engagements soient tenus», a-t-elle souligné.

En échange de la baisse de la TVA à 5,5%, les restaurateurs se sont engagés auprès du gouvernement à partager ce cadeau fiscal de 2,35 milliards d’euros avec les consommateurs, en baissant les prix de 11,8% sur une sélection de produits, et avec leurs employés, en augmentant les salaires, voire en embauchant.

(Source AFP)



Les distributeurs se sucrent sur la tranche de jambon


Sur 10 euros dépensés par le consommateur pour acheter du jambon blanc, 4,40 euros reviennent au distributeur alors que seulement 1,67 euro va au producteur.

Près de 44% du prix d’une tranche de jambon va au distributeur, a relevé mardi l’Observatoire des prix et des marges, organisme chargé d’étudier la formation des prix et d’évaluer notamment les marges réalisées par la grande distribution.

Avec cette étude, menée sur sept ans (2001-2007), les pouvoirs publics veulent répondre à la colère grandissante des agriculteurs qui ont dénoncé à plusieurs reprises le manque de transparence des prix pratiqués par les grandes surfaces, alors qu’eux-mêmes sont confrontés à une baisse de leurs revenus.

A la mi-juin, à l’appel de la FNSEA, premier syndicat agricole français, les agriculteurs ont bloqué pendant un à deux jours les plates-formes d’approvisionnement des grandes surfaces.

Sur 10 euros dépensés par le consommateur pour acheter du jambon blanc en libre service ou à la coupe, 4,40 euros reviennent au distributeur sous forme de marge brute alors que seulement 1,67 euro va au producteur, selon cette étude diffusée sur le site de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Toujours sur ces 10 euros, 49 centimes reviennent à l’abatteur-découpeur et 2,91 euros à l’industriel charcutier-salaisonnier. Enfin, 52 centimes repartent vers l’Etat pour la TVA. Tous les professionnels de la filière doivent ensuite payer des charges sur les sommes perçues.

Après la hausse de 2001-2002, les marges de la distribution sur le jambon ont décru «nettement» avant de se relever en 2007, souligne l’Observatoire.

L’étude porte également sur les produits frais du porc. Elle montre que la grande distribution pratique des marges plus importantes sur le rôti, entre 1,50 et 3,25 euros le kilo, que sur les côtes de porc, de moins de 1 euro à 2,5 euros.

Pour les produits frais, l’étude porte sur près de 10 ans, depuis 2000 jusqu’au tout début 2009. Elle montre que la distribution a «sensiblement» augmenté ses marges en 2001, alors que les consommateurs ont reporté leur demande sur les viandes blanches (porcs, volailles) aux dépens de la viande bovine alors confrontée à l’épisode de la «vache folle».

La grande distribution a ensuite diminué ses marges «sans toutefois redescendre au niveau antérieur à 2001» avant de les réaugmenter en 2006-2008, toujours selon l’Observatoire.

En moyenne sur les douze derniers mois, sur 10 euros dépensés par le consommateur pour acheter du rôti ou des côtes de porc, 3,55 euros reviennent à l’éleveur, 1,09 euro à l’abatteur-découpeur et 3,51 euros au détaillant. Le solde (1,85 euro) revient en grande partie à l’Etat sous forme de la TVA.

L’observatoire va désormais se pencher sur les prix du lait, puis en septembre sur les fruits et légumes.

(Source AFP)


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